Mostafa Asal et Rowan Reda champions du monde junior

Publié le : 23/07/2018 16:15:29
Catégories : L'actualité du squash

Rowan Reda Araby et Mostafa Asal, champions du monde junior 2018 (Crédits photo : WSF World Juniors)

Gros plan : doublé pour Reda Araby, Asal détrône Tarek

C'est tout sauf une surprise, l'Egypte a dominé les épreuves individuelles du championnat du monde junior à Chennai (Inde). Si Rowan Reda Araby a conservé son titre en battant de nouveau Hania El Hammamy, Mostafa Asal a confirmé sa progression météorique en faisant chuter le champion du monde 2017, Marwan Tarek. 

Plusieurs indices allaient dans ce sens : même s'il était tête de série n°2, et âgé de seulement 17 ans, Mostafa Asal était le favori chez les garçons. Vainqueur du British Junior Open en -17, le natif du Caire a fait une irruption fracassante sur le circuit professionnel, avec une tournée Sud-Américaine qui l'a propulsé au 71ème rang mondial. Il y a quelques semaines au championnat d'Egypte junior, il avait même nettement battu Marwan Tarek - champion du monde en titre et vainqueur du British Junior Open -19, les deux fois aux dépens de Victor Crouin. De plus, Tarek avait eu une demi-finale très difficile dimanche, ayant besoin de cinq jeux et 92 minutes pour se défaire d'Omar El Torkey, alors que son rival n'avait laissé aucun jeu en cours de route. Il fait néanmoins la course en tête en début de match, avant de subir le retour d'Asal (11-7). La deuxième manche sera cruciale : Tarek écarte trois balles de jeu à 10-7, s'en procure une à son tour mais Asal remporte le trois points suivants, et le jeu (13-11). Le troisième sera une formalité, et Asal peut lever les bras : il est champion du monde junior 2018. Il aura l'occasion l'an prochain de réussir là ou Marwan Tarek a échoué : devenir le cinquième joueur à conserver le titre après Ramy Ashour, les frères El Shorbagy et Diego Elias. Un exploit qu'a réalisé Rowan Reda Araby chez les femmes plus tôt ce lundi, marchant ainsi sur les traces de ses compatriotes Nouran Gohar, Nour El Sherbini et Raneem El Welily, mais aussi Nicol David. Comme l'an dernier, Reda était opposée à Hania El Hammamy. Alors que cette dernière a obtenu davantage de résultats en PSA et même atteint la 20ème place mondiale, elle s'est inclinée pour la troisième fois consécutive contre sa rivale au championnat du monde. El Hammamy y a pourtant cru après avoir sauvé quatre balles de match pour revenir à 2 jeux à 1. Mais Reda n'aura besoin que d'une occasion pour conclure dans le quatrième jeu, et s'impose 11-9. Seule consolation pour El Hammamy, elle aura une autre occasion de conquérir ce titre l'année prochaine en Malaisie. En revanche, Rowan Reda Araby ne pourra pas rentrer dans l'histoire et devenir la première joueuse à être sacrée championne du monde junior trois fois de suite : elle fêtera ses 19 ans le 29 juillet 2019, jour du début de la compétition ... Rowan Reda Araby joue avec la raquette de squash Tecnifibre Carboflex NS 125 Speed, spécialement conçue pour les femmes et disponible sur My Squash.

L'équipe de France fera son entrée dans la compétition par équipe mercredi (Crédit photo : Yann Menagaux)

On vous le disait la semaine dernière (voir le blog du 15 juillet), l'épreuve individuelle s'annonçait compliquée pour les Tricolores. Néanmoins, deux d'entre eux - Edwin Clain et Manuel Paquemar - ont passé le premier tour, ce dernier sauvant même trois balles de match contre l'Australien Jack Hudson. Mais la marche était trop haute au tour suivant face à Mostafa El Serty et Leonel Cardenas, demi-finalistes du dernier British Junior Open. « Manu a bien joué tactiquement face à l’Égyptien, » affirme leur entraîneur Yann Menegaux sur le site de la FF Squash, « alors que le Mexicain était très solide. » Les deux autres Bleus avaient donc été sortis en 1/64è de finale : Toufik Mekhalfi, « qui avait un tirage compliqué face au numéro 1 Australien Calvert, d'autant que sa préparation a été gâchée par une douleur au coccyx, » et Adrien Douillard, « tombé sur un joueur (le Malaisien Shahrul Izham Nurhaqiem) plus technique, précis et physique. » Les quatre Bleus ont ensuite pu profiter des matches des plateaux pour préparer la compétition par équipe, qui débute demain (mercredi pour eux). Avec une formation composée des quatre demi-finalistes de l'épreuve individuelle, il n'y quasiment aucun doute que l'Égypte va reprendre son titre (subtilisé par le Pakistan en 2016) et faire définitivement main basse sur le squash mondial. Certains seront peut-être surpris par leur position de têtes de série n°2, mais le Canada avait trois joueurs en 1/8è de finale en individuels. Ils devraient disputer les places d'honneur avec l'Angleterre et la Malaisie. Parmi les outsiders, on peut citer la République Tchèque, emmenée par le vice-champion d'Europe Viktor Byrtus et qui avaient fait l'impasse sur l'épreuve individuelle, et les Indiens, poussés par leur public. Concernant les Bleus, Menegaux vise « un quart de finale, tout en ayant conscience que ce ne sera pas facile. L'essentiel est que les garçons comprennent que chacun doit exprimer ses qualités pour le groupe. » Dans un premier temps, l'équipe de France devra s'extraire de la poule D. Pour cela, il faudra sans doute battre l'Allemagne mercredi soir (car la Malaisie semble intouchable) et espérer un tirage clément en 1/8è. Les Tricolores pourront s'appuyer sur Edwin Clain. Avec le statut de leader pour la première fois sur le épaules, le joueur de l'US Créteil a « envie de représenter au mieux la France. On est tous amis, et il n'y aura aucun problème en matière d'état d'esprit. Ce sera à nous de tout donner ... »

Les autres news de la semaine du squash

--- Après Amanda Sobhy il y a quelques semaines, c'est au tour de Low Wee Wern d'effectuer un retour gagnant. Absente depuis novembre 2016 en raison de plusieurs opérations à un genou, l'ancienne numéro 5 mondiale s'est imposée chez elle à l'open de Malaisie (15 000 $). Sortie des qualifications, elle n'a lâché qu'un jeu en six matches, ne laissant aucune chance à la jeune Japonaise Satomi Watanabe en finale. « Je remercie les personnes qui ont été à mes côtés pendant cette période difficile, » affirmait Wee Wern sur sa page Facebook après sa victoire. « Je vais avoir besoin de temps pour réaliser, mais pas maintenant car je m'envole dès demain pour l'Australie et un autre tournoi ! » Ce sera à Devonport, en Tasmanie (voir ci-dessous les rendez-vous squash de la semaine). Actuellement 254ème mondiale, la Malaisienne effectuerait un bond au classement encore plus important en cas de bon résultat. Chez les hommes, Abdulla Al Tamimi a remporté le plus grand titre de sa jeune carrière (35 000 $), qui va lui permettre de rentrer dans le top 30 mondial. Le parcours du Qatarien n'a pas été de tout repos à Kuala Lumpur, avec trois victoires en cinq jeux contre Joel Makin, la tête de série n°1 Leo Au, puis un autre Hong-Kongais en finale, Tsz Fung Yip. Ce dernier avait auparavant mis fin au parcours de Lucas Serme, en quatre jeux. Dommage pour le Français, qui en cas de qualification pour la finale se serait rapproché du top 30. Les deux autres Tricolores présents - Victor Crouin et Sébastien Bonmalais (98ème) - avaient franchi les qualifications, une première pour eux dans un tournoi de cette envergure. Si la marche était trop haute pour Bonmalais face à Yip, Crouin avait quelques regrets après sa défaite en 5 jeux face au Gallois Joel Makin (38ème mondial). « Après une entame difficile, j'ai bien redressé la barre dans le deuxième jeu, » indique le Toulonnais sur sa page Facebook. « Le troisième, très serré, a sûrement été crucial : il a fait de meilleurs choix tactiques dans les moments importants. Je me suis accroché et ai réussi à égaliser, mais il a pris le large au début du cinquième jeu. Ce fût néanmoins un super tournoi, j'ai pu me confronter à des joueurs de bon niveau. Ma saison, qui est désormais terminée, a vraiment été très positive. » Grâce à ses bons résultats en juillet, il devrait encore gagner une dizaine de places au classement mondial et flirter avec le top 75. C'était la dernière apparition de Crouin en compétition avant de s'envoler pour l'université d'Harvard, où il passera les quatre prochaines années. Même s'il consacrera les prochains mois à son intégration aux États-Unis, on le reverra sans doute sur le circuit pro fin 2018.

Absente depuis quasiment deux ans à cause d'un genou récalcitrant, Low Wee Wern a refait surface chez elle à Kuala Lumpur (Crédit photo : NORAFIFI EHSAN/The Star)

--- Sans surprise, Christophe André a conservé son titre au tournoi national Audi Le Mans (2500 euros), dont c'était la troisième édition. Seul joueur professionnel présent dans la Sarthe, le Réunionnais n'a laissé aucune chance à ses adversaires, notamment en finale à Jocelyn Martin. Le club hôte place un joueur sur le podium, en la personne de Yoan Autret. Retombé au-delà de la 400ème place mondiale en raison d'une fracture du péroné (avec complications), André n'a pas renoncé à son rêve d'intégrer le top 50. « Je sais que j'en ai les capacités, et j'y crois encore, » nous a-t-il confié dans un long entretien qui sera publié sur le site du tournoi cette semaine. Afin de récolter de précieux points, il va s'envoler pour l'Australie en août puis disputera l'open international de squash de Nantes. Le malheur des uns fait le bonheur des autres : André bénéficie de l'une des deux wild cards, suite au forfait sur blessure de Vincent Droesbeke.

Christophe André (en bleu) s'est imposé sans surprise au Mans (Crédit photo : Vincent Durfort)

--- « Paris 2024 mis au régime » annonçait la semaine dernière le site Francs Jeux, suite à la publication par le CIO des critères de sélection des sports additionnels pour les Jeux Olympiques dans la capitale. Tout d'abord, le processus est différent de Tokyo 2020, les Japonais ayant bénéficié d'une grande liberté. Pour Paris 2024, l'objectif est de respecter les règles de la « Nouvelle norme » et de réduire les coûts. Les organisateurs français devront procéder eux-mêmes à une première sélection en sollicitant les fédérations internationales des sports jugés aptes à intégrer le programme olympique. Ils doivent « parler à la jeunesse », « être spectaculaires, » et correspondre à « la vision et au concept des Jeux de Paris 2024. » Précisions importantes : les fédérations concernées devront obligatoirement être reconnues par le CIO, et les sports additionnels ne pourront en aucun cas augmenter le nombre d’athlètes présents aux Jeux, établi à un maximum de 10 500. Il faudra donc éliminer des disciplines pour en inviter de nouvelles : cela laisse peu de chances aux sports collectifs, et les nouveaux venus seront sans doute peu nombreux. Quelles sont les échéances ? Le COJO Paris 2024 devra proposer au CIO une liste de sports additionnels avant la fin du printemps 2019, avec une première validation en septembre. Les deux parties profiteront ensuite des Jeux de Tokyo 2020 pour affiner leur réflexion, avant qu'une décision définitive ne soit pas prise par la commission exécutive en décembre 2020.

Le CIO a annoncé la semaine dernière le processus et le calendrier de sélection pour les sports additionnels en vue de Paris 2024 (Crédit photo : www.olympic.org)

Suite à cette annonce, les instances internationales du squash (WSF et PSA) ont réitéré, par la voix de leurs présidents Jacques Fontaine et Alex Gough, que « toutes leurs composantes de leur sport étaient unies et prêtes à participer au processus de sélection, afin de démontrer ses atouts dans le contexte de la nouvelle norme. Le squash adopte une vision innovante, reposant notamment sur l'inclusion et la durabilité dans toutes ses activités, sur et en dehors du court. Nous nous préparons actuellement pour les JO de la Jeunesse 2018 à Buenos Aires, où notre discipline participera en tant que sport de démonstration, avec un panel de joueurs issus du monde entier. Nous avons hâte de donner un avant-goût à la famille olympique de ce que le squash peut lui apporter. » Ce sera du 7 au 12 octobre, et le Français Toufik Mekhalfi aura l'honneur d'être de la partie. 

Les rendez-vous squash de la semaine

--- Dès le 1er août, le nouvelle structure - présentée par la PSA il y a quelques semaines - entrera en vigueur, avec un découpage en trois circuits : PSA World Tour, (50 000 $ et plus), PSA Challenger Tour (5 500 à 30 000 $), et le tout nouveau WSF & PSA Satellite Tour. Parmi les changements notables, la suppression des tableaux de qualification (une formule de poule sera testée pour certains tournois du Challenger Tour). C'est donc la dernière épreuve de l'ancienne version qui se déroule cette semaine en Australie, avec en tête d'affiches Rachael Grinham, ancienne n°1 et championne du monde. Mais les regards seront également portés sur la revenante Low Wee Wern. La Malaisienne devrait franchir sans encombre les qualifications, mais elle aura ensuite 1 chance sur 4 de tomber sur Grinham au premier tour ! On parierait que les organisateurs croisent les doigts pour que ce soit plutôt en finale ... 

Ici lors de leur dernière rencontre à Chicago en 2015, Low Wee Wern (au premier plan) et Rachael Grinham pourraient se retrouver cette semaine en Australie (Crédit photo : SquashSite)

Résultats

PSA

  • Malaysian Open 2018 (Kuala Lumpur, Malaisie) - 35 000 $ (hommes) + 15 000 $ (femmes)

Vainqueurs : Abdulla Al Tamimi (Qatar) et Low Wee Wern (Malaisie)

France

  • Tournoi National Audi Le Mans - 2500 euros (hommes)

Vainqueur : Christophe André (5R Montpellier)

Autres

  • Championnat du monde -19 ans individuel (Chennai, Inde) - hommes et femmes

Vainqueurs : Mostafa Asal (Égypte) et Rowan Reda Araby (Égypte)

Agenda

PSA

  • City of Devonport Tasmanian Open 2018 (Devonport, Australie) - 24 au 29 juillet - 10 000 $ (femmes)

Autres

  • Championnat du monde -19 ans par équipe (Chennai, Inde) - 24 au 29 juillet - hommes
Composition de l'équipe de France : Edwin Clain, Adrien Douillard, Manuel Paquemar, Toufik Mekhalfi

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